Ecouter le corps, votre ami, votre boussole

 

Aujourd’hui j’ai passé l’après-midi avec mon amie Prune. Nous aimons partager des moments simples  et échanger nos expériences et nos ressentis.

Prune est sensible et intuitive. Elle est aussi très à l’écoute de son corps. En fait, elle n’a pas vraiment le choix et c’est ce sujet que je souhaite développer ici. En effet je trouve la relation qu’elle entretient avec son corps particulièrement intéressante, comme s’il la ramenait toujours de gré ou de force vers les besoins profonds de son être.

Prune dit sentir beaucoup d’énergie dans son corps. Très souvent, elle ressent le besoin de se dépenser physiquement. Elle écoute alors son corps et fait du vélo tous les jours que ce soit pour se promener ou pour se rendre à son travail. Elle aime aussi tout particulièrement faire de longues randonnées dans la nature, en montagne ou en forêt.

Elle aime se coucher tôt et se réveiller tôt – par exemple de 22 heures à 5 heures. Elle a bien essayé de veiller pour accompagner ses proches mais les effets indésirables tels que la fatigue physique ou la tristesse surgissent  immédiatement. Alors de nouveau, elle n’a pas d’autre choix que d’écouter son corps, elle respecte son rythme de sommeil. Alors, elle peut admirer le lever du soleil ou encore dévaler les rues désertes de Paris à cinq heures du matin.

Par ailleurs, Prune a un grand besoin d’espace, de temps, de se retrouver seule, de rêver et de ne rien faire. Prune ressent le besoin parfois de calme, de silence et de ne pas parler : d’ être tout simplement. Si elle se trouve au centre de certaines situations, ou de personnes qui vont à l’encontre de sa nature, son corps tel une sirène émet un signal puissant – une sensation d’oppression dans la gorge ou une douleur abdominale. Elle ne peut évidemment pas l’ignorer et elle écoute encore et toujours son corps comme un ami. Il est sa boussole.

Par exemple, le corps de Prune est dans un drôle d’état après un voyage en voiture  – cette sensation est décuplé lors d’un voyage en avion. Elle se sent toute chose comme lors d’un décalage horaire. Comme si à l’image d’une poupée russe tous ses corps (physique, subtil, émotionnel, mental, causal) s’étaient entrechoqués, chevauchés et mélangés. Elle écoute ses corps. Elle prend alors le temps pour que tout en elle se remette en ordre et qu’elle sente l’harmonie circuler à nouveau.

Prune savoure pleinement la vie. Son regard est posé sur ce qu’elle a et sur ce que la vie lui offre et elle remercie sans cesse : elle ressent de la gratitude parce qu’elle a la chance d’être vivante. Elle écoute son corps émotionnel. Elle accepte, elle accueille, et elle exprime ses émotions, qu’elles soient de la joie, de la tristesse, de la colère ou même de la peur. Prune aime rire, jouer de la musique, danser le tango argentin.

Prune écoute et entend si clairement son corps, qu’intuitivement elle adapte toujours plus sa vie à ses besoins essentiels. Elle s’ouvre au flux de la vie, elle s’aime et prend soin d’elle-même comme un parent, elle s’amuse comme un enfant. Elle est vivante, innocente et authentique.

Et si c’étaient les ingrédients d’une belle vie, du bonheur ou de la liberté ?

 


Ne rien faire juste avoir toujours plus confiance en la vie

Aujourd’hui Rose, que j’accompagne depuis quelques mois, m’a raconté comment elle a réussi le tour de force de se créer une phobie des activités qui la passionnent et à retrouver l’équilibre. Son témoignage m’a semblé intéressant, et avec son autorisation, j’ai décidé de le partager avec vous.

Nous sommes à la fin de l’année scolaire, à quelques jours de son départ en congé. Son corps est au bout, épuisé. Il tremble de tous ses membres, le cœur palpite, avec la sensation qu’il ne résistera pas et qu’il va lâcher.
Alors elle abandonne, il n’y a plus d’autre choix que de ne rien faire. Elle a à peine suffisamment d’énergie pour annuler les quelques rendez-vous qu’elle a prévu. A ce point, il n’y a plus qu’à vivre la crise, à accompagner le corps dans sa traversée du désert et à observer les émotions et les pensées qui émergent et se bousculent à cette occasion.

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Elle prend conscience de ce nouvel avertissement du corps qui exhorte le repos maintenant, tout de suite, en urgence. Elle prend aussi conscience qu’elle est encore et toujours entrainée dans le décider, le vouloir faire, faire encore et encore et faire vite. Alors qu’une autre partie d’elle-même la pousse à cultiver l’être, la simple présence à la vie, vivre ce qui se présente naturellement. Moins prévoir, anticiper, organiser, plus faire confiance à la vie et laisser les choses se faire d’elles-mêmes.

Force est de constater qu’elle navigue au milieu de deux courants opposés. Jusqu’à présent elle se trouvait gouvernée par le premier. Il est le modèle qui domine et qui est enseigné au sein de notre monde moderne. La voix du second a toujours été présente mais depuis un moment elle sent sa force monter lentement mais puissante comme une lame de fond. Il ne semble pas disposé à la moindre concession.

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De plus en plus de rencontres donnent naissance à de plus en plus de projets et d’activités passionnantes qui la rendent enthousiaste et impatiente. Elle a envie de foncer de concrétiser, cependant la force de son énergie est freinée, elle doit ralentir, son corps ne suit pas le rythme. A l’image d’une fusée lancée hors de l’atmosphère, les forces contraires risquent de faire exploser l’ensemble, c’est un moment délicat que de préserver le véhicule qui protège le cosmonaute.

Son corps demande plus de repos, de lumière du soleil, d’air pur, d’eau saine, de douceur. Et comme la vie n’est que synchronicité, des vacances au bord de la mer sont prévues. Douze jours pour se ressourcer, se régénérer, savourer le contact avec un milieu naturel adapté au besoins essentiels de son corps, un rythme plus lent qui permet de prendre le temps, d’être à l’écoute des petites choses, pas d’objectif, pas d’agenda, pas d’horaires.

Et si c’était cela la vraie vie, et si c’était cela vivre vraiment?