Le monde est en vous, le monde est en soi

Je vais vous livrer l’histoire du changement de regard d’Ambre sur le monde. Elle est allée à la découverte d’elle-même et nous avons reconstitué son histoire au fil de nos rendez-vous.

Enfant, Ambre vit simplement chaque instant de toutes les journées qui s’offrent à elle. La vie est une succession de moments qu’elle vit avec l’innocence particulière à la période de l’enfance.

Physiquement, elle court, danse, chante, dessine, bricole, régénère son énergie en une courte sieste et dort profondément pendant la nuit…
Émotionnellement, elle rit de joie, pleure de tristesse, crie et tape des pieds de colère, tremble de peur… spontanément. Toute émotion s’exprime sans retenue peu importe les circonstances.
Mentalement, elle utilise ses capacités pour apprendre, comprendre, évoluer, vivre dans le monde, toute pensée est verbalisée dans l’instant.
Elle est nourrie de tout ce qui lui est offert. Elle est insouciante et confiante, elle sait que tous ses besoins sont comblés : l’environnement, la vie s’occupe d’elle, elle se sent en sécurité, aimée, nourrie, protégée…

Puis elle me confie avoir pris conscience d’être un peu comme des poupées russes qui s’emboitent les une dans les autres ou comme une fractale qui se projette à l’infini :

– Tout d’abord son corps physique évidemment, qui est un héritage des gènes de ses parents et grands-parents,
son système émotionnel, qu’elle considère comme l’ensemble des émotions (peur, colère, tristesse, joie) vécues et retenues dans la mémoire consciente et inconsciente des générations qui la précèdent,
son mental qui contient le système de croyance, de pensée de ses ascendants (parents, famille, culture, civilisation).
Elle dit que ces trois parties forment l’Enfant en elle. C’est la partie qu’on voit ou que l’on ressent plus facilement.

Et il y a le Parent, la partie essentielle. Elle la définit comme  la présence, l’âme, l’essence, la partie d’elle-même qu’elle ne voit pas, la partie immergée de l’iceberg. Celle qui inspire la partie Enfant, celle qui lui donne la direction, les idées, les intuitions.

Notre société moderne encourage une attention tournée vers le monde extérieur, matériel, essentiellement orientée vers ce qui est perceptible par les sens. Autrement dit seul ce qui est vu, entendu, touché… existe.
L’attention et le lien avec la partie Parent, l’espace intérieur, non visible par les sens physiques, très présent durant la petite enfance, est délaissé voire méprisée au fil des années et de l’éducation.
Avec le temps c’est amnésie, l’être humain oublie l’autre partie de lui-même, il oublie qui il est. Il se coupe de lui-même. Alors il se sent seul. Ambre n’y échappe pas.
Dans ce climat de séparation et de rejet de soi, des peurs font leur apparition. Ambre se sent en insécurité. Elle a peur de ne pas être aimée, d’être abandonnée. Elle ressent alors le besoin de se protéger, de se battre pour survivre. Elle met en place des processus pour se protéger ;  la fuite ou le combat selon les situations.

Elle a vraiment besoin d’être sécurisée et aimée, c’est vital. Alors, comme elle l’a appris, elle recherche l’amour et la reconnaissance à l’extérieur. Elle s’adapte à son environnement. Elle renonce à ses besoins essentiels. Elle écoute plus les autres qu’elle-même, elle répond aux attentes que l’on a d’elle. Elle est dirigée par les peurs : de ne plus être aimée, de déplaire, d’être rejetée et abandonnée à nouveau.

Elle arpente le labyrinthe de long en large, à d’innombrables occasions, elle se cogne, tombe, se relève, pleure… Puis un jour, elle sent qu’elle a touché le fond, elle est perdue, c’est la crise d’identité. Elle ne sait plus, elle lâche, elle abandonne.
C’est à ce moment qu’elle prend doucement conscience qu’elle a simplement cessé d’écouter l’être le plus cher au monde, sa moitié, sa muse, son intuition, son guide, son âme, elle-même.

Elle comprend qu’elle a nié les besoins essentiels de son corps. Ses besoins (nourriture, repos, ce qui est bon pour lui) ils lui ont été dicté par les autres. Elle a refoulé ses émotions par culpabilité et par peur. Elle a appris à pensé « comme il faut ».
Ambre sent les tensions physiques, émotionnelles, mentales. Elles sont nombreuses, elle en est remplies. Comment les êtres humains ont-ils pu en créer autant ? Et surtout comment faire pour s’en libérer ?  Quelle est la solution ?

Tout d’abord, sans doute, en prendre la responsabilité. Si tout cela a pu être créé, cela veut dire qu’il est possible de créer autre chose. C’est décidé, elle entreprend un grand nettoyage, elle ouvre chaque porte, explore chaque recoin d’elle-même, libère doucement chaque peurs. A force de douceur, de fermeté et de patience, les résistances les plus profondes se rendent à sa cause.

Comme un poids lourd lancé à grand vitesse sur l’autoroute, Ambre doit ralentir, observer, pendre conscience, puis faire un virage à 180°, un demi tour vers l’espace intérieur. Elle recommence, tel un jardinier, à semer petit à petit de nouvelles graines, les arrose tous les jours avec confiance et patience.

Ambre écoute… son corps est fatigué… elle le prend dans ses bras et le réconforte comme un petit enfant apeuré qu’il faut maintenant rassurer, régénérer.
Elle embrasse ses émotions et les console avec douceur et patience.
Et ses pensées… Elle passe un accord avec ses croyances, elle les rassure, elles ont le droit de changer, elles ont le droit de voir un autre paradigme.

Ambre, entend les besoins de l’enfant en elle. Elle en prend soin comme un parent le ferait avec tout son amour. Elle s’est réconciliée avec elle-même. Elle a fait la paix. Chaque tension (physique, émotionnelle, mental), lorsqu’elle apparaît, est entendue, accueillie. Elle agit en conscience, en connexion avec elle-même, la boussole est l’intuition. Elle apprend à croire et agir sans autre preuve que son propre ressent, c’est la crédivité.

Et si tout était en soi ? Et si le monde était en soi ? Si vous avez conscience de quelque chose c’est qu’elle est en vous!  Alors accueillez toujours plus ce qui est en vous et devenez toujours plus vous. Même si ce n’est pas toujours le chemin le plus facile; « Si tu traverses l’enfer, ne t’arrête pas » (Winston Churchill) car « Au fond du puits, il arrive qu’on aperçoive les étoiles » (Proverbe grec).

 


Changement de croyances et de regard sur le monde

Eléa que j’accompagne depuis un certain temps fait souvent un rêve étrange et pénétrant d’un monde à la fois impalpable et bien réel.

Elle dit que, à l’image d’Alice descendant dans le terrier du lapin pour se rendre aux pays des merveilles, son esprit navigue entre deux états de conscience :  le monde de sa vie quotidienne qui se rapproche à peu de chose près, d’une course poursuite et d’une gestion de l’urgence pour survivre ; et un monde plein de sens, organisé par des lois logiqueslimpideoù le hasard n’existe pas. 

A certain moment elle le sent, elle le perçoit tout proche. Et l’instant d’après il se dissipe face à son monde quotidien incompréhensible, dirigé par des lois humaines, qui lui semblent arbitraires.

J’ai trouvé intéressant de partager son récit ici avec vous :

C’était un temps où la Terre était peuplée d’êtres très évolués. Ces êtres vivaient à l’écoute de leur nature profonde. Ils vivaient aussi en accord entre eux et dans le respect de leur environnement. Des maîtres spirituels vivaient parmi eux ; ils les inspiraient et les guidaient dans leur accomplissement. Les êtres humains étaient sains d’esprit et en pleine santé physique, ils vivaient tous dans l’abondance. La vieillesse et la maladie n’avaient pas de prise.

Ils vivaient sur Terre comme dans un paradis. Ils jouissaient des plaisirs simples de la nature et des bienfaits qu’elle mettait à leur disposition. Le manque et la souffrance n’avaient pas leur place. Chacun s’adonnait à son art, pas de notion de travail et aucun besoin d’argent. Les besoins de chacun étaient naturellement comblés.
Le flux de la vie était au service de tous les êtres qui peuplaient la Terre. Le soleil offrait sa lumière et réchauffait le corps et le cœur de tout ce qui vivait. L’eau coulait en abondance. L’air était pur. La terre était nourricière. Les éléments unissaient leur force et inondaient le monde de bienveillance.

La terre regorgeait de prairies embaumées, de fraiches vallées et de prés verdoyants jonchés de fleurs odorantes. Il était même possible d’entendre le chant des sphères. La douceur de vivre était sans pareille.
Seuls des êtres très avancés étaient autorisés à vivre sur Terre. Un environnement de paix, de joie et d’harmonie y régnait afin que chacun puisse s’adonner pleinement à son art et apprendre à le maîtriser à la perfection.
Ainsi chaque être en s’accomplissant individuellement apportait sa contribution au tout et enrichissait encore plus ce lieu protégé.

Alors au terme de sa description, Eléa me confie qu’elle a réfléchi et qu’elle se réfère à une loi de la Vie, que nous avons abordée ensemble, selon laquelle tout existe dans le non visible avant de devenir visible à nos sens. Alors elle laisse exploser son enthousiasme et m’explique que si ce monde existe dans son esprit, dans son rêve, c’est qu’il se trouve à l’état de germe, et donc qu’il est en train de grandir, et qu’il va émerger dans le monde concret ! Puis elle lâche tout naturellement : ou alors, il existe déjà et je ne le vois pas !

Eléa se pelotonne à nouveau au fond de son fauteuil et continue : et si la solution pour y entrer c’était soi-même ? Et si nous étions nous-même le changement que nous souhaitons voir ? Si chacun incarnait le changement ? Changement de regard, changement d’état d’esprit, changement de schémas mentaux, changement de croyances, changement de logiciel interne…

Je ne pouvais que sourire et acquiescer face à tant de simplicité, d’innocence et de spontanéité. Et si ces adjectifs étaient les clés pour voir vraiment.

Et cela me renvoie à une phrase notée avec soin au fil de mes lectures : « Vous ne voyez que ce à quoi vous croyez, alors croyez et vous verrez. » Car tout ne tient son existence que par l’importance que vous lui accordez.
Comme disait Gandhi : « Nous devons être le changement que nous voulons pour le monde ».

Un article intéressant sur le nouveau paradigme de la culture du partage