Les Contes de la Femme qui…
Cycle 1 : Le Retour à la Vie
Livre 10
Peut-être que ce conte te trouvera si tu as souvent l’impression qu’il te manque toujours quelque chose pour être pleinement en paix ou heureuse.
Il était une fois, une fois il n’était pas…
Il était une fois une femme qui vivait comme si tout pouvait un jour lui manquer.
Sa maison était pourtant pleine de lumière. Son cœur savait aimer. Ses mains savaient créer. La vie ne cessait de lui offrir des rencontres, des saisons et des chemins nouveaux.
Et pourtant, une inquiétude ancienne murmurait souvent : Et si un jour cela venait à manquer ? Alors elle gardait. Elle attendait. Elle hésitait avant d’offrir pleinement ce qu’elle portait en elle.
Car une petite voix répétait inlassablement : On ne sait jamais.
La femme avait déjà parcouru un long chemin. Pourtant, il restait encore au fond d’elle une main discrètement refermée. Une main qui ne savait pas encore faire confiance à demain.
Un matin d’été, elle suivit un sentier qui la conduisit jusqu’à un vieux verger. Les arbres étaient immenses. Leurs branches ployaient sous le poids des pommes, des poires, des figues et des prunes. L’air embaumait les fruits mûrs. Des pommes tombaient doucement dans l’herbe. Les oiseaux venaient les picorer. Plus loin, les abeilles dansaient de fleur en fleur. Tout semblait vivre dans une paisible évidence. Comme si rien ne craignait de manquer.
La femme franchit le portail. Elle tendit la main vers une pomme. Puis s’arrêta. Elle regarda les arbres. Puis son panier. Elle prit une seule pomme. La plus petite. Et poursuivit son chemin avec son panier presque vide.
Au centre du verger, une vieille femme était assise sous un pommier. Comme si elle attendait depuis toujours. Elle regarda le petit panier. Puis demanda avec douceur :
— Pourquoi si peu ?
La femme baissa les yeux.
— J’avais peur de prendre trop.
La vieille femme ne répondit pas. Elle se leva simplement. Et l’invita à marcher avec elle.
Toutes deux traversèrent lentement le verger. À leurs pieds, les fruits tombés nourrissaient les oiseaux. Le vent emportait quelques graines jusqu’aux champs voisins. Les abeilles poursuivaient leur ouvrage. Les arbres continuaient d’offrir leurs fruits sans rien retenir. La vieille femme s’arrêta devant un vieux pommier. Elle cueillit une pomme. L’ouvrit en deux. Puis déposa quelques pépins dans la paume de la femme.
— Que vois-tu ?
— Des graines.
La vieille femme sourit.
— Moi, je vois déjà un verger.
La femme contempla longtemps les petits pépins. Ils tenaient dans le creux de sa main. Et pourtant, ils semblaient contenir quelque chose d’infiniment plus grand qu’eux.
La vieille femme choisit alors un des pépins. Elle écarta doucement la terre. Le déposa dans le sol. Puis recouvrit la graine avec la même délicatesse que l’on borde un enfant avant la nuit. Enfin, elle posa quelques instants sa main sur la terre.
Puis elle posa doucement l’autre main sur l’épaule de la femme. Et murmura :
— Regarde le verger. Rien n’y cherche à retenir la vie. C’est pourtant ainsi qu’elle revient chaque printemps.
Le silence s’installa. Le vent fit doucement frémir les feuilles.
Alors quelque chose s’ouvrit en elle. Doucement. Comme un poing fermé depuis longtemps qui comprend enfin qu’il peut devenir une main ouverte.
La vieille femme prit le dernier pépin. Elle le déposa dans la paume de la femme. Et referma doucement ses doigts.
— Celui-ci est pour ton jardin.
La femme glissa la graine dans la poche de sa robe.
Lorsqu’elle quitta le verger, son panier contenait toujours une seule pomme. Mais, dans la poche de sa robe, dormait déjà tout un verger.
Mais ceci est une autre partie de l’histoire…
Le chemin continue…
Si ce conte a trouvé un écho en toi, c’est peut-être qu’une partie de toi aspire à retrouver davantage de joie, de clarté et de paix intérieure. C’est pour accompagner ce chemin que j’ai créé Vivre en Joie, un parcours de transformation à vivre à ton rythme, pas à pas.

