LA FEMME QUI VOULAIT ATTRAPER LES PAPILLONS

Illustration du conte La Femme qui voulait attraper les papillons, représentant une femme observant un papillon posé librement sur son épaule, symbole de la joie qui se reçoit sans être retenue.

Les Contes de la Femme qui…
Cycle 1 : Le Retour à la Vie

Livre 9

Peut-être que ce conte te trouvera si tu as longtemps cherché la joie ailleurs, sans voir qu’elle naît souvent lorsque tu cesses de vouloir la retenir.

Il était une fois, une fois il n’était pas…

Il était une fois une femme qui croyait que la joie était quelque chose que l’on pouvait trouver.
Peut-être au bout d’un chemin.

Peut-être après une réussite.
Peut-être lorsque tout serait enfin en ordre.
Peut-être lorsque son cœur ne porterait plus rien de lourd.
Alors elle avançait.
Elle cherchait.
Elle attendait.
Comme beaucoup d’êtres avant elle.

La femme avait déjà parcouru un long chemin.
Et le printemps avait commencé à fleurir dans son jardin.

Pourtant, certains soirs, lorsque la lumière devenait plus douce et que le silence revenait autour d’elle, une pensée discrète apparaissait encore.
Il manque quelque chose.
Elle ne savait pas exactement quoi.
Ce n’était plus une grande tristesse.
Ce n’était plus une fatigue ancienne.
Ce n’était plus une peur.
C’était une sensation plus légère.
Comme un oiseau dont on entend le chant sans jamais parvenir à l’apercevoir.

Un matin de printemps, la femme partit marcher dans une vaste prairie.
Les fleurs sauvages dansaient sous le vent.
Les abeilles poursuivaient leur ouvrage.
Et des dizaines de papillons passaient d’une fleur à l’autre avec une légèreté qui semblait appartenir au ciel.
La femme s’arrêta.
Elle les regarda longtemps.
Puis un sourire naquit sur son visage.

Un petit papillon bleu passa tout près d’elle.
Elle tendit la main.
Le papillon s’éloigna.
Elle fit quelques pas.
Il s’éloigna encore.
Alors elle le suivit.
D’abord en riant.
Puis avec application.
Puis avec cette discrète obstination qui apparaît lorsque l’on croit toucher enfin ce que l’on cherchait depuis longtemps.
Mais chaque fois qu’elle s’approchait, le papillon reprenait son envol.

Les jours suivants, elle revint dans la prairie.
Toujours le même papillon.
Toujours la même danse.
Alors une idée lui vint.
Elle fabriqua un filet.
Un filet si fin qu’il semblait tissé avec les fils de la lumière.
Lorsqu’il fut terminé, elle le contempla avec satisfaction.
Cette fois, pensa-t-elle, il ne pourra plus m’échapper.

Le lendemain, elle retourna dans la prairie.
Le papillon bleu était là.
Comme s’il l’attendait.
La femme s’approcha lentement.
Très lentement.
Puis elle lança le filet.
Pour la première fois, le papillon demeura prisonnier.
Son cœur bondit de joie.
Elle s’agenouilla dans l’herbe.
Souleva délicatement le filet.
Puis referma doucement ses mains autour du petit papillon.
Elle resta ainsi quelques instants.
Le souffle suspendu.
Comme si elle tenait enfin le bonheur entre ses doigts.
Puis elle ouvrit les mains.

Le papillon n’était plus là.

À sa place reposait une fine poussière dorée.
Légère comme un souffle.
Brillante comme la lumière du matin.
Du pollen.

La femme demeura immobile.
Elle ne comprenait pas.
Elle n’avait pas voulu le retenir pour toujours.
Elle voulait seulement prolonger un peu cet instant.
Juste un peu.

Alors le vent se leva.
Très doucement.
Le pollen doré s’éleva de ses paumes.
Il tourbillonna dans la lumière.
Puis se dispersa au-dessus de la prairie.
Vers les fleurs.
Vers les arbres.
Vers la terre.

C’est alors qu’elle aperçut la vieille femme.
Comme toujours.
Assise sous un grand cerisier en fleurs.
Comme si elle l’attendait depuis longtemps.
La femme s’approcha.
Ses mains étaient encore ouvertes.
Quelques grains d’or y brillaient encore.

La vieille femme les contempla en silence.
Puis demanda :
— Que voulais-tu garder, mon enfant ?

La femme baissa les yeux.
Puis répondit tout bas :
— Ce qu’il faisait naître en moi.

Le vent fit tomber quelques pétales.
Ils dansèrent un instant dans l’air avant de rejoindre la terre.

Alors la vieille femme murmura :

— La joie ne se garde pas. Elle se sème.

Le silence enveloppa la prairie.
La femme regarda le pollen disparaître dans le vent.
Là où il tombait, les fleurs semblaient plus lumineuses.
Les abeilles poursuivaient leur ouvrage.
Les papillons continuaient de voler librement entre les corolles.
Le vivant suivait simplement son chemin.

Alors la femme s’assit dans l’herbe.
Elle ouvrit doucement ses mains.
Elle ne cherchait plus à attraper.
Elle regardait seulement les papillons danser entre les fleurs.
Après un long moment, un petit papillon blanc vint se poser de lui-même sur son épaule.
Il y demeura quelques instants.
Puis reprit son envol.
La femme sourit.
Elle ne chercha pas à le retenir.
Elle le regarda disparaître dans la lumière.
Puis elle baissa les yeux vers ses mains ouvertes.
Elles étaient vides.
Et pourtant, jamais elles ne lui avaient paru aussi pleines.

Mais ceci est une autre partie de l’histoire…

Le chemin continue…

Si ce conte a trouvé un écho en toi, c’est peut-être qu’une partie de toi aspire à retrouver davantage de joie, de clarté et de paix intérieure. C’est pour accompagner ce chemin que j’ai créé Vivre en Joie, un parcours de transformation à vivre à ton rythme, pas à pas.

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