LA FEMME QUI S’ÉTAIT PERDUE DANS LE MIROIR DE L’AUTRE

Illustration du conte La Femme qui s'était perdue dans le miroir de l'autre, montrant une femme qui se détourne du reflet des autres pour retrouver sa propre lumière intérieure.

Les Contes de la Femme qui…
Cycle 1 : Le Retour à la Vie

Livre 7

Peut-être que ce conte te trouvera si tu as parfois l’impression de te définir davantage à travers le regard des autres que par ce que tu ressens profondément.

Il était une fois, une fois il n’était pas…

Il était une fois une femme qui aimait être aimée.
Comme tous les êtres vivants.
Comme les fleurs se tournent vers le soleil.
Comme les oiseaux cherchent le ciel.
Comme les rivières cherchent la mer.

Depuis toujours, elle avait appris à observer les regards.
Les regards qui accueillent.
Les regards qui approuvent.
Les regards qui admirent.
Les regards qui rassurent.

Et lorsqu’elle rencontrait ces regards, quelque chose en elle se détendait.
Comme si elle recevait la confirmation qu’elle occupait bien sa place dans le monde.

Alors, sans même s’en apercevoir, elle avait commencé à leur confier quelque chose de précieux.
Un peu de sa valeur.
Un peu de sa confiance.
Un peu de sa lumière.

Pas d’un seul coup.
Goutte après goutte.
Année après année.
Comme une rivière qui abandonne son eau sans remarquer qu’elle diminue.

La femme aima.
Elle fut aimée.
Elle connut les rapprochements.
Les éloignements.
Les promesses.
Les déceptions.
Et chaque rencontre ajoutait un nouveau miroir à ceux qu’elle portait déjà.

Bientôt, lorsqu’elle voulait savoir si elle allait bien, elle regardait les autres.
Lorsqu’elle voulait savoir si elle était belle, elle regardait les autres.
Lorsqu’elle voulait savoir si elle avait de la valeur, elle regardait les autres.
Sans s’en rendre compte, elle avait cessé de se regarder elle-même.

Un matin d’hiver, alors que le ciel était couvert et que le vent soufflait sur les collines, la femme partit marcher seule.
Elle suivit un chemin qu’elle ne connaissait pas.
Puis un autre.
Puis encore un autre.
Jusqu’à apercevoir une vieille demeure au milieu des arbres.

La maison semblait abandonnée.
Et pourtant quelque chose l’invitait à entrer.
Elle poussa la porte.
Le silence régnait partout.

Puis elle arriva dans une grande pièce baignée d’une lumière douce.
Au centre se trouvait un immense miroir.
Son cadre était ancien.
Recouvert de feuilles sculptées, de fleurs et d’oiseaux.

La femme s’approcha.
Et resta immobile.
Car le miroir ne lui renvoyait pas son visage.
À sa place apparaissaient d’autres regards.
Le regard d’un homme qu’elle avait aimé.
Le regard d’une amie.
Le regard de sa mère.
Le regard d’un enfant.
Le regard d’un inconnu.
Des centaines de regards.
Tous ceux qui avaient traversé sa vie.
Mais jamais le sien.

La femme recula.
Puis revint.
Toujours la même chose.

Alors une voix familière s’éleva derrière elle.
— Que cherches-tu ?
La vieille femme se tenait près de la fenêtre.
Comme toujours.
Comme si elle l’attendait depuis longtemps.

La femme désigna le miroir.
— Je cherche mon reflet.

La vieille femme sourit doucement.
— Depuis combien de temps le cherches-tu dans les yeux des autres ?

Le silence tomba dans la pièce.
La femme ne répondit pas.
Car quelque chose en elle connaissait déjà la réponse.

Alors la vieille femme s’approcha du miroir.
Et posa sa main sur le cadre ancien.
Aussitôt les regards commencèrent à s’effacer.
Lentement.
Comme des étoiles qui disparaissent au lever du jour.
Un à un.
Jusqu’à ce que le miroir devienne parfaitement clair.

La femme leva les yeux.
Et ce qu’elle vit lui coupa le souffle.
Ce n’était pas son visage.
Pas encore.
C’était une petite fille.
Une petite fille assise dans l’herbe.
Les cheveux dans le vent.
Les genoux égratignés.
Le regard brillant.
Une petite fille qui riait toute seule en regardant les nuages.
Une petite fille qui chantait sans se demander si elle chantait juste.
Une petite fille qui courait sans chercher à arriver quelque part.
Une petite fille qui n’avait pas encore appris à se comparer.
Qui n’avait pas encore appris à plaire.
Qui n’avait pas encore appris à devenir quelqu’un.

La femme sentit les larmes monter dans ses yeux.
Car elle la reconnut immédiatement.
Et pourtant elle ne l’avait pas vue depuis très longtemps.
La petite fille leva alors les yeux vers elle.
Et lui sourit.
Un sourire simple.
Comme si elle l’avait attendue tout ce temps.

Alors la vieille femme murmura :
— Tu ne t’étais pas perdue dans le regard des autres.
Le vent fit doucement vibrer les vitres.
— Tu t’étais simplement éloignée de ton propre regard.

La femme demeura longtemps immobile.
Face à cette enfant qu’elle avait été.
Face à cette part d’elle-même qui n’avait jamais disparu.

Puis le miroir changea encore.
Et cette fois, elle aperçut enfin son propre visage.
Mais quelque chose était différent.

Pour la première fois, elle ne cherchait plus à savoir ce que les autres voyaient.
Pour la première fois, elle regardait avec ses propres yeux.
Et il lui sembla qu’au même instant, quelque chose revenait doucement à sa place.
Comme un oiseau retrouvant son nid après un très long voyage.

Mais ceci est une autre partie de l’histoire…

Le chemin continue…

Si ce conte a trouvé un écho en toi, c’est peut-être qu’une partie de toi aspire à retrouver davantage de joie, de clarté et de paix intérieure. C’est pour accompagner ce chemin que j’ai créé Vivre en Joie, un parcours de transformation à vivre à ton rythme, pas à pas.

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